PAR
Andy DEVRIENDT, Managing Partner
30
minutes
Un appel d'offres stratégique se gagne rarement sur la seule qualité de l'offre. Les candidats qui perdent avaient souvent les compétences pour l'emporter. Les décisions se sont jouées sur autre chose. Ce guide part de vingt-cinq années passées des deux côtés de la table, à répondre à des marchés pour mes propres entreprises, puis aux côtés d'équipes qui visent des marchés décisifs auprès de grands groupes, d'ETI ou d'institutions. Il dit ce qui fait perdre, ce qui fait gagner, la méthode qui relie les deux, et ce qu'un conseil en influence apporte à chaque étape, de la lecture des décideurs jusqu'à la soutenance.
Sommaire
Pourquoi perd-on un appel d'offres avec pourtant une bonne offre ?
Qu'est-ce qu'un appel d'offres stratégique ?
Comment évaluer ses chances avant de répondre ?
Comment conduire la phase d'audit ?
Pourquoi la technicité est-elle un piège ?
Comment cartographier les parties prenantes et leurs intérêts ?
Qu'est-ce que le territoire d'un projet d'appel d'offres ?
Comment rédiger une réponse d'appel d'offres attractive que le jury va lire ?
Comment réussir la soutenance d'un appel d'offres ?
Pourquoi le débrief décide-t-il du prochain marché ?
Quelles sont les quatorze erreurs qui font perdre un appel d'offres ?
Où s'arrête l'influence dans un appel d'offres ?
Comment se déroule un accompagnement, étape par étape ?
Quatre situations, quatre résultats
Quand se faire accompagner, et combien cela coûte-t-il ?
Conseil en influence, bid manager, agence : qui fait quoi ?
Lexique de l'appel d'offres stratégique
Questions fréquentes
Pourquoi perd-on un appel d'offres avec pourtant une bonne offre ?
Une entreprise de médias, en relation avec un client historique, remise en compétition. La position de départ : attendre le cahier des charges, avec toutes les chances de perdre, c'était prédit. Mon apport : rebattre les cartes et réinventer la proposition de valeur en cours de marché. L'entreprise a été reconduite.
La plupart des entreprises perdent des appels d'offres pour lesquels leur offre était pertinente. Elles perdent sur ce qu'elles ont laissé sans réponse : les éléments qui faisaient gagner, et qui ne figuraient dans aucun cahier des charges. La raison la plus commune ? Ne pas avoir demandé ou, pire, ne pas avoir su écouter.
Sept questions décident d'un marché bien avant la remise des offres.
1) Qui décide, et qui influence la décision ?
2) Quel est le contexte du décideur, public ou privé, et quelle est sa gouvernance ?
3) Quelle est l'histoire du projet, qui y participe, et quels enjeux se tiennent derrière lui ?
4) Quelles erreurs de posture coûteraient le marché, comme une assurance qui passe pour de l'arrogance face à un interlocuteur très humain ?
5) Quelles sont les attentes profondes des décideurs, celles qu'ils gardent pour eux ?
6) Quelle place tient la relation entre les personnes, entre les dirigeants, entre les équipes, et entre les deux, pour que personne n'ait le sentiment de subir une décision prise au-dessus de lui et ne travaille en silence à l'échec du projet ?
7) Quel est l'état des forces en présence : qui sont les concurrents, et comment faire de leurs forces des atouts pour sa propre offre, comme dans les arts martiaux où l'on joue de la force de l'adversaire ?
Ces sept questions ont un point commun : aucune ne se trouve dans le dossier de consultation. Elles se lisent dans un écosystème, et c'est là que se gagne la moitié d'un marché. Cette lecture s'acquiert au fil des années, plus qu'elle ne s'apprend. Pour gagner, il faut avoir perdu et, surtout, avoir appris de ses erreurs.
La plupart des équipes abordent l'appel d'offres comme un exercice de conformité, parce qu'elles croient la décision rationnelle, linéaire, objective. Un appel d'offres est un processus de conviction, traversé de préférences implicites et d'imaginaires sectoriels. Répondre point par point est nécessaire, oui. Mais cela ne garantit aucune victoire.
Qu'est-ce qu'un appel d'offres stratégique ?
Un appel d'offres est stratégique quand son issue change la trajectoire de l'entreprise :
par son montant ou sa récurrence ;
par la position qu'il ouvre ou qu'il ferme sur un marché ;
par la référence qu'il constitue pour les dix années suivantes ;
par ce qu'il engage en visibilité, au sein d'une entreprise ou d'un groupe, et parfois pour une carrière.
Il peut être privé ou public, et porter sur un grand contrat, une sélection de partenaires, une concession, une levée de fonds auprès de donateurs ou d'investisseurs, un projet urbain, un système d'information. Ce qui le distingue d'une consultation ordinaire tient en une phrase : le dirigeant le porte lui-même, parce que la décision du client se prendra, au bout du compte, sur la confiance qu'il inspire.
C'est à cette échelle que la méthode qui suit prend tout son sens, et que l'accompagnement d'un conseil en influence se justifie : quand l'enjeu dépasse ce qu'une équipe peut se permettre de laisser au hasard. Pour ceux qui ont eu recours à cette expertise, la question ne se pose plus, d'autant que de véritables réflexes de collaboration s'établissent avec le temps.
Comment évaluer ses chances avant de répondre ?
Un appel d'offres stratégique mobilise une équipe pendant des semaines. Avant de l'engager, une grille simple dit où l'entreprise se trouve.
Elle tient en deux colonnes, et je l'appelle la double grille de confiance.
• D'un côté, les dix points que le client valorise le plus, lus dans le dossier de consultation, dans les échanges et dans l'histoire du projet, avec pour chacun un degré de confiance de 0 à 100 : à quel point l'entreprise est-elle sûre de comprendre ce que le client attend sur ce point ?
• De l'autre, les mêmes points notés du côté de l'offre : à quel point l'entreprise est-elle sûre d'y répondre mieux que ses concurrents ?
L'écart entre les deux colonnes dit où porter l'effort. Là où la confiance est faible sur ce que veut le client, l'audit doit creuser. Là où elle est faible sur l'offre, l'équipe doit construire. Cet outil est dynamique : il évolue en permanence pour s'affiner, et son exigence fait sa force.
La grille sert aussi à trancher la décision go ou no go. Quand la confiance reste basse sur les critères les plus lourds, l'énergie de l'équipe sera mieux employée sur un autre marché, et un refus argumenté vaut mieux qu'une offre de principe. Du bon sens, posé ensemble, sur des données : la grille se passe de modèle mathématique. Conservée d'un appel d'offres à l'autre, elle devient la mémoire tactique de l'entreprise, et montre où elle progresse.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
Je construis la grille avec le dirigeant et deux ou trois leaders du projet, en une séance de travail. Elle est le premier livrable, et elle fixe la décision de répondre ou de s'abstenir. Le plus délicat consiste à évaluer les critères immatériels, souvent sous-pondérés.
Comment conduire la phase d'audit ?
C'est l'étape que l'on raccourcit le plus souvent, et celle qui pourtant rapporte le plus. Une grande partie des questions se traitent par l'échange et par l'analyse de ce qui existe déjà.
• L'audit des publications : ce que le commanditaire a dit, écrit et publié, sur le projet et autour de lui.
• L'histoire du projet et, quand c'est pertinent, du lieu : ce qui a été tenté avant, ce qui a échoué, ce qui est attendu de nouveau.
• Le parcours des décideurs : leur formation, leurs fonctions passées, leurs prises de position.
• L'écosystème des intervenants, où se trouvent souvent des atouts sous-estimés : un partenaire local, une compétence rare dans l'équipe, une référence oubliée.
• L'inventaire, dès cette étape, de tout ce qui pourrait faire perdre le marché, par méconnaissance ou en reproduisant des éléments perdants du passé.
Quand l'appel d'offres concerne un client existant, la relation est un capital : ce client est souvent disponible pour parler, écouter, partager ses retours d'expérience. Ce capital se gère avec élégance. Avant la consultation, la relation se construit librement. Pendant, elle passe par les canaux prévus, et l'entreprise qui respecte scrupuleusement les règles d'échange inspire la confiance qu'elle demande.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
C'est la première semaine de mon travail : des entretiens avec les leaders du projet, dans toutes les dimensions, et une lecture complète de ce qui a été publié. Il en sort une note de synthèse stratégique, qui dit ce que le client attend, ce qu'il garde pour lui, et ce qui ferait perdre.
Pourquoi la technicité est-elle un piège ?
Plus un projet avance, plus l'équipe se persuade que les éléments qu'elle maîtrise le mieux sont ceux qui feront gagner. C'est le biais le plus répandu chez les candidats solides. Une décision se prend pourtant sur une globalité, qui tient en cinq dimensions.
• Le produit et ses spécificités, rapportés à l'usage actuel et futur du client, avec parfois le besoin de souligner cet usage futur que le client n'a pas encore formulé.
• Les services qui l'accompagnent, comme le temps que les équipes consacreront réellement au marché, y compris sur le terrain chaque fois que nécessaire.
• Le prix et son mode de construction, présenté de sorte que le client compare des éléments comparables. Certaines entreprises sous-valorisent la mise à disposition de collaborateurs, qui pèse pourtant dans leurs propres coûts.
• L'interlocuteur et l'équipe dédiée : la façon dont le marché vivra, au quotidien, pendant des années. La sécurisation d'un leader de projet est un atout majeur pour un client au moment du choix.
• Le suivi : le débriefing et l'amélioration continue, qui disent au client que l'entreprise apprendra avec lui.
Cette globalité figure en partie dans le dossier de consultation, qui fixe les critères et souvent leur poids. Le reste se lit ailleurs : dans la culture du client, dans ses engagements publics, dans ses priorités du moment. Les grands donneurs d'ordre intègrent de plus en plus des critères environnementaux et sociétaux dans le choix de leurs partenaires, et une offre qui les traite comme un paragraphe d'annexe perd des points qu'elle aurait pu gagner.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
Mon rôle est ici celui du regard extérieur : poser à l'équipe les questions que le client se posera, et ramener dans la réponse les dimensions que la technicité a fait passer au second plan. Cette dynamique d'échange nourrit de nouvelles idées et des pistes d'amélioration qui s'appliquent à d'autres marchés.
Comment cartographier les parties prenantes et leurs intérêts ?
La façon la plus sûre de définir une offre est de partir des intérêts plutôt que des positions. C'est la distinction que Roger Fisher et William Ury ont rendue célèbre avec Getting to Yes : derrière ce que chacun demande, il y a ce qu'il cherche vraiment, et c'est sur ce second plan que se construisent les accords qui durent.
Le premier outil est la cartographie des parties prenantes, dans sa version la plus répandue : la grille pouvoir-intérêt. Chaque acteur du projet y est placé selon deux axes, son pouvoir sur la décision et son intérêt pour le projet.
• Ceux qui cumulent pouvoir et intérêt se gèrent de près : c'est à eux que s'adresse le cœur de l'offre.
• Ceux qui ont le pouvoir sans l'intérêt doivent être satisfaits, par des réponses précises à ce qui les préoccupe.
• Ceux qui ont l'intérêt sans le pouvoir doivent être informés, parce qu'ils parlent aux premiers.
• Les autres se surveillent, parce qu'un acteur change de case au cours d'une consultation.
Le second outil est la matrice des intérêts. On liste les interlocuteurs et, en face de chacun, quatre colonnes :
• ce qu'il souhaite ;
• ce qu'il attend ;
• ce qu'il garde pour lui ;
• ce qu'il valorise le plus.
L'exercice se fait aussi pour l'entreprise elle-même, en prenant ses propres intérêts au sérieux : un marché déséquilibré à son détriment se paie pendant toute son exécution. Un marché équilibré est un marché qui recouvre au mieux les intérêts de chacun, et c'est le modèle de construction de valeur le plus solide. La matrice fait apparaître les zones de compromis, les frictions et les risques, et surtout les endroits où l'offre peut répondre à deux intérêts à la fois.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
La grille et la matrice sont les deux documents que je remets à la fin de la deuxième semaine. Ils deviennent la carte sur laquelle l'équipe projet se repère jusqu'à la soutenance, et ils se mettent à jour à chaque information nouvelle.
Qu'est-ce que le territoire d'un projet d'appel d'offres ?
À l'image du territoire d'une marque, chaque projet a le sien : les notions qui lui sont associées, les mots, les termes, les références, la façon de nommer les choses. Les identifier et les écrire avant de rédiger garantit qu'à chaque fois qu'un concept apparaît, dans le dossier, dans la synthèse ou à la soutenance, il s'appuie sur une compréhension déjà installée par la répétition. Le jury entend alors une seule voix, même quand dix personnes ont écrit.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
Le territoire tient sur deux pages : les mots que nous employons, ceux que nous écartons, la façon de nommer le projet, le client et nous-mêmes. C'est la pièce qui donne au dossier et à la soutenance une seule voix.
Comment rédiger une réponse d'appel d'offres attractive que le jury va lire ?
Un dossier indigeste perd des points qu'il méritait.
Plutôt qu'un empilement de données, il raconte une histoire :
• Ce que les participants ont investi personnellement.
• L'énergie de leurs équipes.
• Ce qui les distingue.
• Tout le travail de compréhension de la problématique, des enjeux et des attentes du commanditaire.
Ces facteurs sont des leviers de résilience : ils disent comment l'équipe tiendra quand le marché rencontrera ses premières difficultés. Dans le cas d'un consortium, la dynamique collective se montre : chaque partie prenante est engagée, chacune a sa place, et le récit est celui d'une équipe plutôt que d'une juxtaposition de références.
Les entreprises qui gagnent montrent aussi comment la collaboration va s'organiser, comment la valeur sera construite ensemble, comment les rôles s'articuleront : un cadre évolutif plutôt qu'une solution figée. C'est ce qui donne aux décideurs à voir l'avenir de la relation, et qui installe une posture de partenaire plutôt que de prestataire.
Le dossier de réponse suit l'ordre exact des critères du dossier de consultation, pour que l'évaluateur trouve sans chercher où porter sa note. Il s'ouvre sur une synthèse au format Executive summary, dans une approche anglo-saxonne : le résultat d'abord, appuyé par des faits. Le détail ensuite, pour qui veut aller plus loin.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
C'est le travail de la plume. J'écris la synthèse, le fil narratif du dossier et l'ouverture de chaque partie ; les experts écrivent leur part, et je relis l'ensemble pour la cohérence, le lexique et le niveau de langue.
La plume relie les experts. Elle ne les remplace à aucun moment.
Comment réussir la soutenance d'un appel d'offres ?
Tout se joue dans la prise de parole et dans l'énergie de l'équipe. Le jury a besoin de sentir un collectif, et de voir qu'aucune personne n'écrase les autres. Les présentations sont professionnelles, simples, digestes, et formulables en cinq points au terme de la séance : ce sont ces cinq points que les membres du jury se répéteront en délibérant. Une question précède toutes les autres : quelle impression l'équipe veut-elle laisser, et pourquoi ?
La soutenance se répète avec l'équipe complète, dans les conditions réelles : le temps imparti, l'ordre de passage, la salle si possible. Les questions difficiles s'anticipent par un jeu de questions-réponses de préparation, où chacun sait qui répond à quoi. Les méthodes de la prise de parole du dirigeant s'appliquent ici à plein :
• Captiver dans les dix premières secondes.
• Structurer en entonnoir.
• Placer des observateurs dans la salle.
• Débriefer à chaud.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
Je prépare la soutenance comme un discours :
• Le casting de ceux qui parlent.
• Le déroulé en entonnoir et les cinq points à laisser.
• Les éléments de langage pour les questions.
• Deux répétitions en conditions réelles.
• Un travail individuel avec le dirigeant sur sa prise de parole finale.
Le jour venu, je suis présent, aux côtés des clients ou en coulisses selon les règles de la consultation, pour relever ce qui a été sous-exploité et l'ajuster si une seconde séance est prévue.
Pourquoi le debrief décide-t-il du prochain marché ?
Le débrief est l'étape la plus négligée, et l'une des plus rentables : on apprend pour ce projet, et on prépare les suivants. Si le marché est gagné, l'équipe identifie ce qui a fonctionné pour le reproduire. S'il est perdu, elle note de façon très détaillée chaque étape qui a conduit au blocage, et cherche les réponses. C'est la logique des enquêtes qui suivent un accident aérien : comprendre chaque erreur pour qu'elle ne se reproduise plus. C'est aussi un message fort pour l'équipe : on réfléchit ensemble à la façon de faire mieux la prochaine fois.
Le retour du client est la matière première du marché suivant, et il se demande. Quelques jours après la décision, une demande formulée avec élégance, assortie de quatre questions précises, obtient souvent une heure précieuse :
• Ce qui a pesé.
• Ce qui a manqué.
• Ce qui a fait la différence chez le lauréat.
• Ce que l'on aurait aimé tenter sans oser le proposer, et pourquoi.
Dans le cadre d'une mission d'accompagnement.
Le débrief se fait en deux temps : à chaud, dans les heures qui suivent la soutenance, pendant que le ressenti est intact. Puis à froid, après le retour du client. La double grille de confiance est mise à jour, et elle sert au marché suivant. Le retour à chaud fixe des éléments que la mémoire efface vite : un regard, un sourire, le ton d'une question.
Quelles sont les quatorze erreurs qui font perdre un appel d'offres ?
1. Se priver de comprendre ce que souhaite réellement le client
Répondre au cahier des charges sans lire le projet qui se tient derrière lui.
Proposer une offre technique là où la relation humaine est centrale.
2. L'habitude
S'appuyer sur des relations humaines qui se sont distendues, en croyant qu'elles tiennent encore. Se rassurer avec des relations cordiales qui sont seulement polies, et qui visent d'abord la bonne fin du marché en cours.
3. Le présupposé
Partir du principe que son offre est la meilleure, et cesser de la mettre à l'épreuve. Considérer que le chef de projet est le leader naturel de la réponse alors que des signes disent le contraire. Considérer que le client n'a pas d'autres options alors qu'il y travaille depuis plusieurs mois, ce qui est normal.
4. L'absence de benchmark
Ignorer les concurrents agiles, souvent plus petits, qui arrivent avec une proposition plus vive. Se fermer à des solutions coconstruites avec des partenaires innovants, notamment en intelligence artificielle. Ou, à l'inverse, partir sur des solutions surdimensionnées sans retour d'expérience suffisant. Chaque élément de veille est un levier d'argumentation ou de contre-argumentation. Associés les uns aux autres, ils forment un socle de conviction.
5. Les critères sociétaux sous-estimés
Traiter comme une formalité ce qui relève des convictions profondes du commanditaire : ses engagements environnementaux et sociaux, la façon dont il conçoit sa responsabilité. Pour un acteur territorial, l'empreinte sociétale locale est un axe fort de différenciation : le maillage est souvent dense avec des associations très actives, qui disposent elles-mêmes de nombreux leaders d'opinion. Partager des convictions vraies avec cet écosystème fait la différence. Une stratégie opportuniste sera lue comme telle. Dans mes approches, c'est l'élément qui m'apprend le plus sur le système de valeurs d'une organisation, avec un principe séculaire : on se rapproche de ceux qui partagent nos valeurs.
6. L'erreur de casting
Présenter une équipe qui dénote avec ceux qui décident, comme une délégation uniquement masculine face à un jury mixte. L'erreur de casting peut aussi devenir une force. Face à un jury d'hommes et à des concurrents majoritairement masculins, une cheffe de projet qui porte l'offre peut faire basculer la décision : si l'a priori est d'abord défavorable, il s'inverse dès que le terrain se déplace sur l'engagement total et la cohésion sans faille. Je l'ai vécu plusieurs fois, et à chaque fois le choix a été payant. Une fois la bascule faite, la préférence s'accélère, parce qu'un lien fort s'est établi sur un élément clé : le travail au-delà des présupposés. Les signaux silencieux ne se limitent pas au genre : face à des décideurs expérimentés, une équipe intergénérationnelle dit que l'entreprise conjugue expérience et renouvellement ; face à des profils très techniques, un binôme technique et innovation incarne la complémentarité entre maîtrise et projection. Ces signaux ne sont jamais écrits, et toujours perçus.
7. La mésentente dans l'équipe
Un leader qui étouffe le collectif se voit dès les premières minutes de la soutenance. La pire erreur est de couper sèchement la parole à un membre de son équipe. Les décideurs savent que les dirigeants s'effaceront dans la phase d'exécution du contrat : d'où l'intérêt de mettre en avant ceux qui vont le piloter concrètement.
8. La rigidité
Rester figé sur ses positions quand le client ouvre une porte. Déterminer en amont les limites que l'on s'impose permet de déplacer les lignes sans remettre en question la proposition.
9. Le regard neuf ignoré
Laisser de côté l'avis du plus jeune de l'équipe, souvent celui qui a lu le dossier le plus en détail, et qui voit ce que l'habitude masque. L'accueil fait à ceux qui proposent des idées est décisif : une personne qui apporte un regard différent prend un risque, le premier étant d'être jugée. Laisser la porte ouverte aux idées, c'est dire à toute l'équipe : proposez, nous retiendrons ensemble les suggestions les plus performantes, en expliquant aussi pourquoi les autres ne sont pas retenues.
10. Le terrain de la réputation négligé.
Préparer le terrain, c'est publier en amont, sur LinkedIn ou ailleurs, des prises de parole qui expliquent les atouts de l'entreprise, ouvertes à tous et adressées à aucun membre du jury en particulier. Le leader advocacy, l'employee advocacy, le thought leadership et, plus largement, la communication du dirigeant sur LinkedIn (sa marque personnelle, ses prises de position, les textes qu'une plume prépare avec lui) nourrissent le faisceau d'indices favorables. C'est aussi se préparer à la contre-influence : si un concurrent attaque la réputation de l'entreprise pendant la consultation, la réponse est prête, et elle vient du dirigeant.
11. Les critères non formulés sous-évalués
L'histoire du projet, celle des acteurs, celle du territoire quand il y en a un, les enjeux interpersonnels : ils pèsent dans la décision sans figurer dans aucune grille. Le projet peut exister depuis longtemps sous différentes formes, sans que le cahier des charges l'ait jamais précisé.
12. L'excès de confiance perçu par le jury
Croire avoir gagné, face à des personnes qui le sentent immédiatement.
Quelle que soit la taille de l'entreprise, c'est son agilité qu'elle doit souligner.
13. Le contexte réglementaire
Des mois de travail peuvent s'envoler parce qu'une loi a changé, ou parce qu'un règlement transforme une certification optionnelle en obligation contractuelle.
Plus le contrat est important, plus la vigilance doit être forte, avec des partenaires spécialisés si nécessaire.
14. Les ressources sous-dimensionnées
Certains appels d'offres sont particulièrement chronophages. Dès le départ, un business plan dédié permet d'ajuster l'objectif, les ressources, l'évaluation des temps passés et la contribution d'experts externes. Ce travail sert d'indicateur pour la décision go ou no go, en connaissance de cause. Car une réponse jugée faible peut fermer la porte à d'autres marchés, chez le même client ou auprès de partenaires présents dans le jury.
Où s'arrête l'influence dans un appel d'offres ?
Gagner un appel d'offres est un travail d'influence au sens noble : comprendre ceux qui décident, construire un récit qui répond à leurs intérêts, et le porter avec justesse. Cette influence a une limite nette, et la connaître protège l'entreprise autant que le marché.
Chaque consultation fixe ses règles : les canaux d'échange, le calendrier, l'égalité entre les candidats. Les prises de parole publiques de l'entreprise restent libres, tant qu'elles demeurent générales et ouvertes à tous. Toute approche d'un décideur en dehors du cadre prévu, et à plus forte raison tout avantage proposé, détruit en un jour la confiance que l'offre cherchait à construire, et peut relever du droit. Le cadre se respecte d'autant mieux que toute l'équipe le connaît. En cas de doute, un expert valide la ligne.
Comment se déroule un accompagnement, étape par étape ?
L'accompagnement d'un appel d'offres stratégique par un conseil en influence est global : il va du conseil à la plume, de la plume à la préparation des prises de parole, et de la préparation à la soutenance elle-même. Il dure de six à douze semaines selon le calendrier de la consultation, et il repose sur une règle de gouvernance : un seul interlocuteur, le dirigeant qui porte le marché. Il déploie avec ses équipes, et il tranche.
Étape 1 : La lecture des enjeux
• Entretiens avec le dirigeant et les leaders du projet, dans toutes les dimensions : le produit, le prix, les équipes, l'histoire.
• Audit de tout ce que le client a publié.
• Reconstitution de l'histoire du projet et du parcours des décideurs.
• Livrable : une note de synthèse au format Executive summary, qui dit ce que le client attend, ce qu'il garde pour lui, et ce qui ferait perdre. Une à deux semaines.
Étape 2 : Les intérêts et la confiance
• Cartographie des parties prenantes sur la grille pouvoir-intérêt.
• Matrice des intérêts, pour le client et pour l'entreprise.
• Double grille de confiance, et décision de répondre, prise avec le dirigeant.
• Livrable : la carte sur laquelle l'équipe se repère jusqu'à la soutenance, et la répartition de l'effort entre ce qu'il faut creuser et ce qu'il faut construire.
Étape 3 : La stratégie de réponse et le récit
C'est le conseil au sens strict.
• La thèse de l'offre.
• Les actifs que l'équipe a et ne voit pas.
• Les leviers de différenciation, matériels et immatériels.
• La dynamique du consortium et le territoire du projet.
• Livrable : la plateforme de réponse, trois pages
> ce que nous disons, pourquoi nous, en quels mots. Tout le reste en découle.
Étape 4 : La plume
• La synthèse au format "Executive summary".
• Le fil narratif du dossier et l'ouverture de chaque partie.
• Les éléments de langage.
• La relecture d'ensemble : les experts écrivent leur part ; la plume relie les idées dans une narrative forte, ajuste les contenus pour les rendre harmonieux et limpides, et donne au dossier une seule voix et un seul niveau de langue.
Étape 5 : La préparation des prises de parole
• Le casting de ceux qui parleront, et de ceux qui seront là pour argumenter sur les dimensions techniques exigeantes.
• La structure de la soutenance en entonnoir, formulable en cinq points.
• Les questions difficiles et leurs réponses, avec un nom en face de chacune.
• Deux répétitions en conditions réelles, avec des observateurs ; elles peuvent être filmées pour un meilleur débriefing.
• Un travail individuel avec le dirigeant sur sa prise de parole finale, celle qui emporte la décision.
Étape 6 : La soutenance
• Présence le jour venu, dans la salle ou en coulisses selon les règles de la consultation.
• Relevé de ce qui a été sous-exploité, et ajustement si une seconde séance est prévue.
• Débrief à chaud avec l'équipe dans les heures qui suivent.
Étape 7 : L'environnement et le débrief
• Pendant toute la période, les prises de parole publiques du dirigeant, tribunes ou publications, installent les atouts de l'entreprise, ouvertes à tous, dans le respect du cadre de la consultation.
• Après la décision, le retour du client et le débrief à froid.
• La mise à jour de la grille, qui servira au marché suivant.
Quatre situations, quatre résultats
Les noms restent confidentiels, par engagement contractuel ou tacite.
Les faits sont ceux qui comptent.
Un projet commercial et urbain de cinq cents millions d'euros
Un consortium de vingt partenaires, face à des concurrents dont la compétence était reconnue de tous, et des décideurs territoriaux à convaincre à l'écrit puis à l'oral. Le travail a porté sur quatre temps :
• Les attentes du client, explicites et implicites, lues au-delà du cahier des charges.
• Les preuves les plus pertinentes, choisies parmi celles de vingt partenaires.
• Le déroulé narratif de la soutenance.
• La prise de parole finale des dirigeants.
Vingt entreprises ont parlé d'une seule voix. Le pitch a été perçu comme solide, clair et rassurant, l'avantage s'est fait à l'oral, et le marché a été remporté.
Une fondation : de 600 000 euros d'objectif à 2 millions d'euros levés
Une fondation préparait une levée de 600 000 euros, avec des actions réelles et un récit qui ne les reliait pas. Le récit de la levée a été reconstruit en six temps avec la présidence :
• La vision.
• Les tensions de société auxquelles la fondation répond.
• Les preuves d'action.
• La feuille de route.
• Les réponses aux objections.
• Et surtout, la place faite aux futurs partenaires, dans la gouvernance comme dans la visibilité.
Il a porté chaque rendez-vous et chaque prise de parole. Deux millions d'euros ont été levés en quatre mois, plus de trois fois l'objectif, avec un taux de conversion supérieur à 80% sur les donateurs rencontrés. La stratégie complète à cinq ans, écrite dans le même mouvement, a servi de cadre aux campagnes suivantes.
Une ESN internationale et une offre devenue illisible
Une entreprise de services numériques internationale portait une offre de solutions SaaS de pilotage de réseaux d'énergie : solide, éprouvée, méconnue en interne, et illisible de l'extérieur. Les clients avaient cessé d'en percevoir la valeur, les équipes commerciales hésitaient sur ce qu'il fallait dire en premier. L'offre a été repositionnée autour d'un récit lisible, et un kit a été créé pour les équipes :
• Le positionnement.
• Les preuves clés.
• Les messages essentiels.
• Un langage commun, du comité de direction aux commerciaux de terrain.
Le discours commercial s'est aligné sur la vision des dirigeants, et les conversions ont augmenté de façon significative dès le semestre suivant.
Mes propres entreprises
Trois entreprises fondées, deux cédées, et des appels d'offres gagnés face à des concurrents plus grands. Un décideur m'a dit un jour : "On n'a pas confiance dans la taille de votre organisation, mais vous avez fait la meilleure proposition, loin devant vos concurrents, alors on prend le risque de travailler avec vous.” C'est de ce côté de la table que j'ai appris ce qu'un décideur lit vraiment dans une offre, et c'est ce que j'apporte de l'autre côté.
Quand se faire accompagner pour un appel d'offres, et combien cela coûte-t-il ?
• Quand le marché est décisif pour l'entreprise.
• Quand l'équipe excelle techniquement et que la lecture des décideurs lui échappe.
• Quand un consortium doit parler d'une seule voix.
• Quand le dirigeant portera lui-même la soutenance et veut y arriver préparé comme pour un discours qui engage.
L'accompagnement se construit le plus souvent sur un forfait, généralement compris entre 20 000 et 30 000 euros HT, auquel s'ajoute une prime de succès fixée au contrat. Ce montant se lit comme un investissement mutuel : le conseil est présent aux côtés de l'équipe à chaque phase, jusqu'à la soutenance ; il s'assure de la cohérence de tout ce qui sera présenté, et il met chaque élément à l'épreuve pour donner à l'offre ses meilleures chances de l'emporter. Il se compare à l'enjeu du marché, et au coût de plusieurs semaines de travail d'une équipe sur une offre qui perd. Compte tenu des enjeux réciproques, une seule mission de ce type est menée à la fois : c'est ce qui garantit un engagement total, condition déterminante du succès.
Conseil en influence, bid manager, agence : qui fait quoi ?
Ces trois fonctions se complètent, et la confusion entre elles coûte des marchés.
• Le bid manager tient le processus : le planning, la conformité, l'assemblage du dossier, le respect de chaque exigence du règlement. Sur un dossier d'envergure, il est indispensable.
• L'agence prend en charge les livrables créatifs : la mise en page, le design, les visuels, parfois un film. L'erreur fréquente est de confondre communication et narrative : un client n'achète pas un beau document, il adhère à une histoire qui fait écho à sa propre grille de lecture. La différence est majeure.
• Le conseil en influence travaille en amont et au sommet : la lecture des décideurs et des écosystèmes décisionnels, la stratégie de réponse, le récit, la préparation de la soutenance et la présence le jour venu, aux côtés du dirigeant. Il est expert de la valorisation de vos atouts face à une demande précise, et il laisse votre métier à ceux qui le connaissent.
Le partage juste est simple à énoncer : le conseil conçoit avec le dirigeant la narrative et le territoire de prise de parole, le bid manager organise, l'agence réalise des supports qui valorisent la réponse apportée.
Lexique de l'appel d'offres stratégique
Appel d'offres stratégique. Une consultation dont l'issue change la trajectoire de l'entreprise, par son montant, sa position ou la référence qu'elle constitue, et que le dirigeant porte lui-même.
Soutenance. La présentation orale de l'offre devant le jury ou le comité de décision ; c'est là que se décide la plupart des marchés serrés. Le mot dit la nature de l'exercice : les participants y seront mis à l'épreuve, et ils s'y seront préparés.
Grille pouvoir-intérêt. La cartographie des parties prenantes selon leur pouvoir sur la décision et leur intérêt pour le projet, attribuée à Aubrey Mendelow.
Matrice des intérêts. Le tableau qui liste, pour chaque interlocuteur, ce qu'il souhaite, ce qu'il attend, ce qu'il garde pour lui et ce qu'il valorise le plus.
Double grille de confiance. Les dix points que le client valorise, notés de 0 à 100 selon la confiance de l'équipe dans sa lecture, puis dans son offre. L'écart dit où porter l'effort.
Territoire du projet. Les mots, termes et références propres au projet, écrits avant la rédaction pour que le dossier et la soutenance parlent d'une seule voix. Le territoire inclut aussi les images et les illustrations, en complément du texte. La valorisation des équipes y est centrale, dans toutes ses dimensions.
Plateforme de réponse. Le document de trois pages qui fixe la thèse de l'offre : ce que nous disons, pourquoi nous, en quels mots. Et aussi ce qui n'est pas dit, contourné ou réfuté, par conviction ou pour éviter une friction.
Executive summary. La synthèse qui ouvre le dossier : le résultat d'abord, appuyé par des faits. Le détail ensuite. Chaque document est fait pour toucher exactement sa cible, en partant du principe que certains acteurs disposent de très peu de temps.
Leader advocacy. La prise de parole structurée d'un dirigeant, principalement sur LinkedIn, pour incarner la vision de son entreprise et installer ses atouts dans la durée. Pendant un appel d'offres, elle prépare le terrain sans jamais viser le jury.
Employee advocacy. La prise de parole des collaborateurs sur l'entreprise et ses projets, qui donne au récit du dirigeant la preuve du collectif.
Conseil en influence. Le conseil qui accompagne un dirigeant jusqu'à la décision qu'il doit obtenir d'autres, en construisant le récit, la narrative, la cartographie des intérêts et la parole qui l'emportent. Il est présent en continu, par engagement, pour maximiser les chances de succès.
Prime de succès (success fee). La part de la rémunération du conseil liée au gain du marché, fixée au contrat en complément du forfait.
Questions fréquentes sur les appels d'offres stratégiques
Comment gagner un appel d'offres ?
En lisant ce qui ne figure pas dans le dossier : qui décide, ce que chacun attend vraiment, l'histoire du projet et les forces en présence. Puis en construisant une offre globale, un dossier qui raconte une histoire, et une soutenance où l'équipe parle d'une seule voix.
Pourquoi perd-on un appel d'offres avec une bonne offre ?
Parce que la décision porte sur une globalité : la relation, l'équipe, la façon dont le marché vivra, les critères non formulés. Une offre techniquement excellente qui ignore ces dimensions laisse la place à un concurrent qui les a lues.
Qu'est-ce qu'un conseil en influence pour un appel d'offres ?
Un conseil qui accompagne le dirigeant du début à la fin : la lecture des décideurs et de leurs intérêts, la stratégie de réponse, la plume du dossier, la préparation des prises de parole et la présence à la soutenance. Il travaille avec le dirigeant, qui déploie avec ses équipes et tranche. Il apporte une vision à 360 degrés (marché, économique, stratégique, systémique, transversale) et vingt-cinq ans d'accompagnement d'appels d'offres.
Quelle différence entre un conseil en influence et un bid manager ?
Le bid manager tient le processus et la conformité du dossier. Le conseil en influence travaille la décision du client : les intérêts, le récit, la soutenance. Les deux se complètent sur un grand marché, et l'influence reste toujours éthique.
Quels sont les critères de choix d'un appel d'offres ?
Ceux qui sont écrits dans le dossier de consultation : le prix, la valeur technique, l'équipe, et de plus en plus des critères environnementaux et sociaux. Et ceux qui ne le sont pas : l'histoire du projet, la relation, la façon dont le marché vivra, des critères propres au client et jamais formulés.
Comment cartographier les parties prenantes d'un appel d'offres ?
Avec la grille pouvoir-intérêt, qui place chaque acteur selon son pouvoir sur la décision et son intérêt pour le projet, puis avec la matrice des intérêts, qui détaille ce que chacun souhaite, attend, garde pour lui et valorise.
Peut-on échanger avec le client pendant un appel d'offres ?
Oui, dans le cadre fixé par la consultation : questions écrites, réunions et visites prévues. Avant la consultation, la relation se construit librement. Pendant, elle passe par les canaux prévus.
Comment préparer une soutenance d'appel d'offres ?
En décidant d'abord de l'impression à laisser, puis en construisant une présentation simple, formulable en cinq points, répétée par l'équipe complète dans les conditions réelles, avec une préparation des questions difficiles où chacun sait qui répond à quoi.
Comment savoir pourquoi on a perdu un appel d'offres ?
En demandant un retour au client quelques jours après la décision, avec quatre questions précises : ce qui a pesé, ce qui a manqué, ce qui a fait la différence chez le lauréat, et ce que l'on aurait aimé tenter sans oser le proposer.
Combien coûte l'accompagnement d'un conseil en influence pour un appel d'offres ?
Le plus souvent un forfait, généralement compris entre 20 000 et 30 000 euros HT, complété par une prime de succès fixée au contrat. Le conseil accompagne l'équipe à toutes les phases, jusqu'à la soutenance.
Combien de temps dure un accompagnement ?
De six à douze semaines, selon le calendrier de la consultation : une à deux semaines de lecture, puis la stratégie, la rédaction, les répétitions, et la soutenance.
Un conseil peut-il accompagner deux candidats sur le même appel d'offres ?
Non. Un seul candidat par appel d'offres : c'est la condition de la confiance, et c'est ce qui donne sa valeur à l'exclusivité.
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Andy Devriendt · Managing Partner, Devriendt & Partners · Conseil en influence et contre-influence exécutive · Ancien dirigeant, plume de plus de cent dirigeants · ad@devriendt-partners.com
Sources : Roger Fisher et William Ury, Getting to Yes, Houghton Mifflin, 1981 (traduit en français sous le titre Comment réussir une négociation) · Aubrey Mendelow, grille pouvoir-intérêt des parties prenantes, 1991.




