PAR
ANDY DEVRIENDT
4
minutes
Il est 18h30. Un dirigeant me contacte en urgence.
"J'ai un discours à prononcer lundi matin devant 200 personnes. Je n'ai pas le temps de le rédiger moi-même. Je ne veux pas d'un texte générique. Il faut que ça sonne comme moi, avec mes convictions, sans jargon, sans approximations."
Trois jours plus tard, le discours est prêt. Validé. Prononcé sans accroc.
Cette scène, je la vis plusieurs fois par mois. Depuis 25 ans.
Ce qu'un ghostwriter exécutif fait vraiment
Un ghostwriter n'est pas un rédacteur. Ce n'est pas un assistant.
C'est un partenaire qui entre dans la tête d'un dirigeant, en quelques échanges, et qui en ressort avec les mots que ce dirigeant aurait voulu trouver lui-même.
Ce que ça demande concrètement : comprendre les enjeux de pouvoir, les non-dits, les tensions invisibles. Voir ce que le dirigeant veut dire et ce qu'il ne peut pas dire. Trouver la forme qui fait passer les deux.
Ce que ça produit : des discours pour des assemblées générales ou des congrès professionnels. Des notes stratégiques pour des annonces difficiles. Des éléments de langage pour des sujets sensibles. Des tribunes qui installent une autorité publique durable.
La confidentialité est totale. Toujours. Sans exception.
Trois raisons pour lesquelles
les dirigeants font appel à un ghostwriter
1. Récupérer du temps, le seul actif non renouvelable
Un dirigeant qui passe trois heures sur un discours perd trois heures de décision stratégique. Ce n'est pas une question de capacité, c'est une question de priorité.
Un membre de COMEX me confiait récemment : "Votre intervention m'a rendu deux jours. Deux jours que j'ai consacrés à ce que personne d'autre ne pouvait faire à ma place."
C'est exactement ça.
2. Trouver les mots justes pour les moments qui ne pardonnent pas
Certains sujets ne supportent pas l'approximation.
Une restructuration. Une prise de fonction. Une crise.
Un discours devant des pairs qui vous jugent en 90 secondes.
Dans ces moments-là, le texte doit être juste. Pas correct. Juste. La nuance entre les deux se mesure en crédibilité perdue ou gagnée pour des années.
J'ai rédigé des prises de parole pour des décisions qui impactaient des milliers de personnes. Ces moments-là, je ne les oublie pas. C'est pour ça qu'il m'arrive, au milieu d'un entretien, de poser mon stylo et de dire : "Vous êtes sûr·e ?"
Parfois la réponse change tout.
3. Garantir une confidentialité absolue
Les enjeux stratégiques ne se partagent pas avec n'importe qui. Un ghostwriter professionnel travaille comme un avocat d'affaires, sous secret total, sans exception, sans trace.
Ce n'est pas une clause contractuelle. C'est une façon d'être.
Ghostwriter vs IA : la vraie question
L'IA écrit. Vite. Correctement. Sur n'importe quel sujet.
Je l'utilise moi-même, comme outil, pas comme plume.
La différence est simple : l'IA optimise un texte. Un ghostwriter porte la responsabilité de ce qui sera dit, et de ce qui ne doit pas l'être.
L'IA ne peut pas sentir qu'un dirigeant est sur le point de se trahir publiquement. Elle ne peut pas voir son visage changer quand une formulation touche quelque chose de vrai. Elle ne peut pas décider que cette phrase – pourtant bien écrite – ne doit pas être prononcée.
Ce n'est pas un combat entre l'humain et la machine.
C'est une question de ce qu'on confie à qui.
On confie à l'IA ce qui peut être optimisé. On confie à un ghostwriter exécutif ce qui ne peut pas se tromper.
Mon approche — trois étapes
• L'immersion : Avant d'écrire, je comprends. Les enjeux, le ton, les contraintes, ce qui peut être dit et ce qui ne peut pas l'être. Cette étape prend du temps ; c'est elle qui fait que le résultat ressemble au dirigeant, pas à moi.
• La rédaction : Je produis une première version. L'objectif : que le texte ressemble à ce que le dirigeant aurait écrit lui-même, mais avec le poids qu'il n'aurait pas su lui donner seul.
• La finalisation : Après retours, j'affine. Jusqu'à ce que ce soit exact. Pas bien, exact.
Quand faire appel à un ghostwriter exécutif ?
Quand vous devez annoncer une décision difficile comme une restructuration, un changement de cap, une fusion.
Quand vous préparez une prise de parole à fort enjeu (assemblée générale, congrès professionnel, médias).
Quand vous voulez exister publiquement (tribunes, LinkedIn, prises de position sectorielles).
Quand vous sentez l'écart entre ce que vous pensez et ce qui sort sur le papier.
Ce dernier cas est le plus fréquent. Et le moins avoué.
Ce que 25 ans m'ont appris
J'ai été la plume de plus de 100 dirigeantes et dirigeants.
Des membres de COMEX du CAC 40. Des présidents de fédérations professionnelles. Des dirigeants d'ETI en transformation.
Des patrons de PME qui n'avaient jamais osé prendre la parole publiquement.
Pour moi, seule la personne compte. Pas le titre. Pas la taille de l'organisation.
Ce que j'aime par-dessus tout : voir leur visage quand ils se découvrent sous l'angle de ma plume.
Quand ils me remercient, je leur réponds toujours la même chose.
"De rien. C'est ce à quoi je m'étais engagé."
Si vous avez quelque chose à dire, et besoin que ça compte, parlons-en.




